Depuis qu’il est 17h je tente de faire le ménage chez moi. Ma mère débarque dans 24h et elle doit absolument croire que je vis dans un appartement salubre. Mais les objets, les
trucs qui trainent, la vie quoi, fait qu’il y a toujours quelque chose de plus funky à faire que de récurer des chiottes. Fumer une clope en regardant les toits d’en face avec des jumelles
découvertes dans la table de nuit de la coloc’ absente par exemple. Trouver que ce que l’on croyait être un chat n’est qu’une vulgaire corneille obèse qui refuse de s’envoler. Retomber ensuite
sur une vieille photo qui vous rappelle des souvenirs que vous aviez totalement refoulé, comme une période de sympathisant gothique par exemple, se dire que ah oui, c’est à ce moment là que vous
écoutiez telle musique et merde ou est-ce que j’ai foutu ce cd… peut-être que je peut retrouver une chanson sur deezer. Ah nan parce que je me souviens même plus du nom du groupe, juste de la
gueule du cd. Flute. Tiens sur le bureau de mon pc il y a un épisode de naruto. Je crois que je l’ai pas regardé celui là tiens. Effectivement je l’ai pas regardé. Je vais me remettre à
enlever la poussière là quand même, nettoyer le bureau de la chambre où ma môman va dormir. Oh tiens, le pc de ma colocataire. Tiens si je regardais ses vieilles photos. Ohohoh. Qu’est ce que je
ris. Oulà, ça fait une heure que je ris, remet toi à récurer ma fille. Met de la musique sur ton pc pour te donner du cœur à l’ouvrage. Oh tiens si tu écrivais une connerie pour ton
blog ?
par souen
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Un mois et quelques pommes de terre plus tard me voilà de retour pour mettre fin au silence radio. J’aimerais vous dire que je suis partie au Vietnam afin de me constituer mon
propre harem , cette fois non fictif, mais il n’en est rien. J’étais juste occupée à jongler un peu trop brutalement avec un quotidien bien rempli, entre faire semblant de travailler, faire
la sieste, faire semblant de travailler, tenter de dormir et faire semblant de travailler. Du coup je me suis fait mettre en arrêt maladie (Allah bénisse ma docteuse, elle ira au paradis et y
trouvera soixante douze puceaux). Cause de la nécessité de prendre des vacances : asthénie il parait. Un mot bien compliqué pour dire que je suis une larve incapable de faire la vaisselle en
rentrant du boulot parce que trop occupée à pioncer. En réalité quand j’écris ça il est 3h15 du matin, je viens d’engloutir un steak, une salade et un sandouiche. Tout ça pour dire que je ne suis
pas morte. J’avais juste autre chose à foutre. Love sur vous mes enfants.
par souen
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Hier soir je suis rentrée de la fête de la musique avec le dernier métro. Je savais pas trop quel métro je devais prendre parce que je prend que très rarement le métro, j’aime
pas ça c’est comme un sous-marin mais sans la mer. Et puis j’aime bien avoir le ciel au dessus de la tête, ça me remet à ma place de petite créature insignifiante alors qu’il est beaucoup plus
simple de devenir mégalo dans le métro.
Ce soir là j’avais décidé de me la raconter alors j’avais sorti mes ballerines qui croupissaient depuis un an dans un placard. J’avais omis qu’elles faisaient des ampoules à
tous les angles que peuvent présenter un pied. Du coup je douillais ma race, j’avais même pas dansé alors que j’en crevais d’envie. Je regardai les gens et c’est nul de regarder les gens juste
parce que tu ne peux rien faire d’autre.
Le métro annonce l’arrêt Charpennes. Je sais que j’ai une correspondance par là pour arriver pas loin de la maison. Elle arrive dans une demi-heure. Fucking shit. Ouais… mais
je vais pas me laisser faire, ni par le tram, ni par le temps, ni par la non-synchronisation de l’un et de l’autre ; l’ivresse aidant je me dis que je vais les prendre de vitesse même si je
ne sais absolument pas où je suis.
Je fais 100 mètres. J’ai mal aux pieds. Mais une meuf qui ne se laisse pas faire par le temps ne se laisse pas non plus faire par des petits soucis matériels tels que des
ampoules aux pieds. Elle prend les devant, enfourne les chaussures dans son sac et se retrouve pied nus sur l’asphalte chaud en priant pour arriver à repérer les merdes de chien qu’elle sera
amenée à croiser. Ça y est, malgré l’infini galactique qui plane au dessus de moi, je me crois que je peux tout gagner, je suis mégalomane, je suis pied nu dans une grande avenue vide et je ne
sais pas dans combien de temps je serais chez moi. Mais je crois que chez moi c’est tout droit alors j’y vais parce qu’I believe I can fly.
Je passe devant un bar où tous dansent comme des gens bourrés. Je marche sur un mégot absolument pas écrasé ; j’ai le choix : hurler ma douleur ou continuer dignement
en ignorant royalement le gars qui se dandine devant moi et qui se croit sexy. Deuxième option : même pas mal, je suis complètement ronde et je vous emmerde.
Je me repère en suivant vaguement mon intuition, quelques indices spatio-temporel, toujours très confiante en ma grande capacité de survie et pour une fois j’ai eu raison.
Seuls mes pieds me contredisent ce soir, encore noirs de la pourriture du sol que je n’ai pas réussi à enlever, couverts de pansements Winny L’ourson, avec un joli cercle rouge sur une des deux
plantes pour me rappeler que je ne suis qu’un être humain.
par souen
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Pour ceux qui croient rêver, il s'agit bien de notre Eve Angeli nationale qui minaude à côté du gros titre. Mais comme on dit, on a les "artistes" qu'on mérite hein.
par souen
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Les enfants j’ai inventé un nouveau concept fumeux. Je vous le livre parce que je sais que vous aimez ça. Vous êtes pas 29 à venir me voir tout les jours pour entendre parler
de la vie sexuelle des anémones. Quoique si vous voulez tout savoir, elles crachent leur sperme dans l’eau, au nez de tout les poissons, comme ça freedom for ze sperm, en priant pour que leurs
nageurs croisent un jour des petits œufs. Sauf que les poissons ils trouvent ça super bon et ils bouffent le sperme des anémones parce c’est bon pour leur poil. Renaud aurait du écrire « la
mer c’est dégeulasse y a des poissons qui bouffent du sperme dedans ». Mais ça fait pas un alexandrin. Mais Renaud écrit-t-il seulement en alexandrins ?
Vous voilà informé au cas où vous veniez ici lire du porno aquatique. Sinon mon concept génial. Parce que ce soir je me sentais seule. Ça arrive au meilleurs d’entre nous ne
nous leurrons pas. J’avais envie de raconter des trucs à quelqu’un en fumant des clopes, lui donner à voir les humiliations, les hontes, les quêtes métaphysiques et les angoisses insomnisantes.
Mais ça casse les couilles à tout le monde d’écouter ce genre de niaiseries on le sait bien. On c’est tous retrouvé un jour face à un Pierre-François ou à une Jeanne-Cécile qui nous racontait le
traumatisme du divorce parental et on a tous prié à ce moment là pour un incendie dans l’immeuble. Et en plus ce soir je n’avais que moi sous la main pour geindre.
Moi versus moi-même. Ça pète plus en anglais de dire ça : « me vs my self ». Moins de répétition vous comprenez.
Donc, fort peu adepte des journaux intimes et ne pouvant fréquenter plus de dix minutes 90% de l’humanité, je me suis demandé « qu’est ce que tu fais ma fille
maintenant ». Ba j’ai pris un pinceau, des crayons et des feutres, pas pour faire un joli dessin, ça je sais plus faire et en plus j’ai lâché lâchement l’affaire. Notez l’assonance. Ou
l’allitération je sais plus. Tout ça pour en venir au concept : avoir une conversation palpitante avec soi-même sur papier. Je vous conseille. En général soi-même répond à soi-même (ça sonne
définitivement mieux en anglais) ce qu’il a envie d’entendre et a une conversation des plus passionnantes. Je vous le conseille vivement, même si cette invention géniale est bien entendu
copyrighté « souen » depuis maintenant.
par souen
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Il n’y a pas si longtemps que ça, enfin si il y a au moins six mois mais à l’échelle de la planète ça fait à peine une nanoseconde, je lisais un article qui disait que merde, la chatte ne sentait
plus la chatte. Elle sentait la rose et la lingette désinfectante et moi je dis que bientôt on gouttera du foutre au nutella. Voilà, la merde n’a plus l’odeur de la merde parce qu’on est tous
suraseptisés et qu’on ose même plus devenir alcoolo alors qu’on aurait de sacrées bonnes raisons de le faire. Maintenant il faut perdre sa mère pour oser prétendre à la prise d’homéopathie. Alors
qu’avec un minimum d’empathie mélangée à une bonne dose de JT il y a franchement de quoi ouvrir le gaz. Dommage tout mon appart’ tourne à l’électricité. En me foutant la tête dans le four je
serais à peine défigurée. Trop facile de se plaindre après. Alors on fait comment pour geindre sur son propre sort après hein ? Quand on savait pas tout ce qu’il y avait ailleurs, quand on
avait pas ces foutus écrans et qu’en plus on en avait rien à péter on pouvait se tourner facilement vers sa petite personne et chialer sur cette putain de vie de merde qui est quand même
sacrément envahissante au quotidien. Voilà, la vie c’est envahissant et quand le reste du monde en rajoute une couche ça aide franchement pas. Surtout quand le reste du monde transite par un
petit écran qui rend les cadavres aussi bienodorant que nos foufoune fraiches. On s’enlise dans la merde et on veut nous faire croire qu’il ne s’agit que d’une plage de sable fin. Mes couilles
sur ton front oui, je préfère encore me rouler dans la litière pas changée de mon chat. Et ma vie est d’une rare banalité, au milieu d’un reste du monde somme toute assez terrifiant. Ce qui à
l’air de rien comme ça, sauf quand on se dit qu’on mériterait mieux quand même. Je mériterais cent fois mieux. Parce qu’outre me considérer comme la dernière des sous-merdes, je crois aussi que
je ferais une reine de la planète géniale. Et une potentielle reine de la planète ça mérite pas ça. Ça mérite d’avoir quelque chose d’autre qu’une sombre histoire de capote à se mettre sous la
dent ; ça mérite d’avoir vécu ce que personne d’autre ne pourrais jamais imaginer pouvoir vivre ; ça mérite de pouvoir prendre l’humanité à bras le corps et de lui foutre une pair de
claques au lieu de ne trouver que ses contemporains pour bouc-émissaire ; ça mérite un bouc digne de ce nom. Ne pas avoir de bouc c’est terrible. Avoir la terre entière pour bouc c’est
beaucoup trop.
Le héros de L’Angoisse du roi Salomon s’était porté volontaire. Un bouc volontaire. Il disait de son concierge qu’il lui fallait quelqu'un de personnel à détester, parce que sans ça,
c'était le monde entier et c'était trop grand. Il avait raison, c’est sacrément trop grand.
par souen
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Il est 23h sur la terre. Enfin hier il était 23h à un moment donné. Et j’étais chez moi à attendre, en jupe et en chaussettes de ski, parce que si tu portes qu’une jupe tu te pèle le cul et tant
pis pour le côté glamour, merci les chaussettes de ski. Tu commences à trépigner d’impatience, parce qu’ils sont gentils les gens, mais ils se lèvent pas à 5h du matin eux, et toi tu sens bien
dans tes yeux qui picotent et dans tes jambes qui flagellent que tu piquerais volontiers un petit roupillon. Et les gens n’arrivent toujours pas. Là tu te demande si ces cons se sont pas calés
devant le foot avant de se pointer chez toi, ou pris une pute en chemin, ou eu un accident dramatique parce qu’ils n’avaient pas vu arriver ce con de poney qui traversait en dehors des clous. Tu
te dis que tu mangerais bien un bon morceau de roquefort sans te laver les dents après, juste pour te venger. Finalement ça sonne. 23h30. Et du coup tu te coucheras pas avant 2h du matin. Et tu
te lèveras quand même à 5h. Et tu iras travailler en rêvant à des tonnes de guronsan. En arrivant au taf tu te rendras compte que tu vas pas bosser avec le type qui te dragouille gentiment à
longueur de journée et que tu dragouilles aussi parce que ça te fais bien rigoler tout ça. A la place il y aura le fan de foot qui a un nom à particule et que tu ne peux pas blairer. Mais ce qui
est cool c’est que pile au moment où il partira en pause tu serviras Clara Morgane et tu pourras lui foutre les boules. Tu entendras des conversations horribles de deux trentenaires, jeunes
cadres tyranniques en costars, qui racontent qu’ils sont en couple juste à cause d’une histoire d’appart’ à Saint Raphaël ou de paires de seins comme des obus. Tu verras un sac à dos gigantesque
qui pourrait bien transporter les corps inanimés de deux hommes et tu essaieras d’oublier de te demander ce que tu fous là. Après tu rentreras et tu pionceras en espérant te réveiller pour 16h ou
17h, mais quand tu ouvriras enfin l’œil il sera 19h30 et tu pourras pas aller à la pharmacie pour poser une question sur la conservation de ton intégrité physique. Et puisqu’il
sera tard tu seras pas allée aux courses et tu boufferas de la merde. Puis tu coucheras toute ces histoires inutiles sous word et tu te demanderas ce que tu peux bien faire après ça pour ne pas
avoir l’impression d’avoir perdu ta journée.
par souen
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