Les enfants j’ai inventé un nouveau concept fumeux. Je vous le livre parce que je sais que vous aimez ça. Vous êtes pas 29 à venir me voir tout les jours pour entendre parler
de la vie sexuelle des anémones. Quoique si vous voulez tout savoir, elles crachent leur sperme dans l’eau, au nez de tout les poissons, comme ça freedom for ze sperm, en priant pour que leurs
nageurs croisent un jour des petits œufs. Sauf que les poissons ils trouvent ça super bon et ils bouffent le sperme des anémones parce c’est bon pour leur poil. Renaud aurait du écrire « la
mer c’est dégeulasse y a des poissons qui bouffent du sperme dedans ». Mais ça fait pas un alexandrin. Mais Renaud écrit-t-il seulement en alexandrins ?
Vous voilà informé au cas où vous veniez ici lire du porno aquatique. Sinon mon concept génial. Parce que ce soir je me sentais seule. Ça arrive au meilleurs d’entre nous ne
nous leurrons pas. J’avais envie de raconter des trucs à quelqu’un en fumant des clopes, lui donner à voir les humiliations, les hontes, les quêtes métaphysiques et les angoisses insomnisantes.
Mais ça casse les couilles à tout le monde d’écouter ce genre de niaiseries on le sait bien. On c’est tous retrouvé un jour face à un Pierre-François ou à une Jeanne-Cécile qui nous racontait le
traumatisme du divorce parental et on a tous prié à ce moment là pour un incendie dans l’immeuble. Et en plus ce soir je n’avais que moi sous la main pour geindre.
Moi versus moi-même. Ça pète plus en anglais de dire ça : « me vs my self ». Moins de répétition vous comprenez.
Donc, fort peu adepte des journaux intimes et ne pouvant fréquenter plus de dix minutes 90% de l’humanité, je me suis demandé « qu’est ce que tu fais ma fille
maintenant ». Ba j’ai pris un pinceau, des crayons et des feutres, pas pour faire un joli dessin, ça je sais plus faire et en plus j’ai lâché lâchement l’affaire. Notez l’assonance. Ou
l’allitération je sais plus. Tout ça pour en venir au concept : avoir une conversation palpitante avec soi-même sur papier. Je vous conseille. En général soi-même répond à soi-même (ça sonne
définitivement mieux en anglais) ce qu’il a envie d’entendre et a une conversation des plus passionnantes. Je vous le conseille vivement, même si cette invention géniale est bien entendu
copyrighté « souen » depuis maintenant.
