Mercredi 25 juillet 2007

Aujourd'hui j'ai mis une jupe. Une chose qui arrive à quelques milliers de personnes par jour. Sauf que j'ai compris un truc. Pour un primate qui conduit une camionnette, la jupe a une toute autre signification que celle d'un vêtement. Si elle remonte au dessus du genou la jupe devient une chatte potentielle. Et peut importe à qui elle appartient. A la bonasse du coin, à une minette de quatorze ans qui a voulu se la péter gentiment, à un boudin quelconque de type Souen. Ca a une jupe, donc ça a une chatte. Une chatte est une chatte et comme dirait quelqu'un, dont je tairai le nom par pudeur, "la bite est aveugle". Pour certains cependant, elle a beau être aveugle, elle a oubliée d'être muette. Elle s'exprime généralement par un disgracieux sifflement où par un "il fait chaud aujourd'hui" censé être lourd de sens, qui au final, n'est que lourd.

 

Aujourd'hui donc, ma chatte, ma jupe et moi on se promenait parce qu'on avait envie, qu'en plus il fallait qu'on aille échanger un lecteur mp3 parce qu'on pensait qu'on l'avait pété. On en était même sûres à vrai dire. Toutes trois donc, respectivement de poils, de faux velours et de jupe vêtues nous montâmes dans le bus. Bien assise nous observions le paysage qui était toujours le même, sauf pour ma chatte qui évidemment prenait l'air ce jour-ci. Nous n'écoutions point les conversations alentours jusqu'au moment où nous commençâmes à le faire, lassées de la géographie monocorde. Ils sont juste derrière nous. Un homme et une femme. Ils sont en couple depuis deux ans apparemment. Enfin leur anniversaire c'est le 9 septembre. On ne sait pas quelle tronche ils ont, on ne les avait pas remarqués jusqu'à lors. Lui il parle lentement. Le genre de type à faire de l'hypotension probablement parce que plus il parle, plus j'imagine son visage se ramollir et s'affaisser tel un chamalow sur un grill. Elle je sais pas trop de quoi elle pourrait avoir l'air. Elle parle de shopping, alors je me dis qu'elle doit être toute pouponnée avec un le surplus de fond de teint habituel des filles qui se font belles. Mais ma chatte, ma jupe et moi, on ne se retourne pas, notre image mentale étant bien plus rigolote que ne doit être la réalité vraie.

 

LUI: tu connais le scorpion?

 

silence

 

LUI: tu connais le scorpion?

 

silence

 

LUI: tu connais le scorpion? répète-t-il avec toute l'insistance que lui permet sa faible tension artérielle.

 

silence

 

LUI: tu connais le scorpion?

 

ELLE: le signe astrologique? ah, enfin une réponse, qui a un je ne sais quoi qui nous confirme la couche de fond de teint et nous donne un indice sur la couleur des cheveux.

 

LUI, éludant la réponse: tu sais combien il a d'yeux? (prononcer: "il a de illeux" et non "il a deuil" ou bien encore "il a dieu")

 

ELLE: il a des yeux?

 

LUI: plus que douze et moins que quinze, devine combien! là il est très enthousiaste.

 

ELLE, après un petit temps de réflexion: treize?

 

LUI: non.

 

temps de réflexion

 

temps de réflexion

 

temps de réflexion

 

temps de réflexion

 

ELLE: quatorze?

 

LUI: non

 

ELLE: mais tu m'as dis plus que douze et moins que quinze, s'étonne-t-elle.

 

LUI, ne relevant pas la remarque: il a douze yeux (toujours illeux), s'esclaffe-t-il, dans la mesure de ses possibilité évidemment, tout fier de son savoir très savant.

 

ELLE, pragmatique: mais pourquoi tu m'as posé cette question?

 

Silence.

 

 

Ma chatte ma jupe et moi, on se marre bien parce qu'on a rarement entendu d'aussi savoureuses conversations, du coup on se demande si on va rendre le lecteur mp3 parce que si on écoute de la musique on pourra plus les entendre. En sortant on a croisé pour la troisième fois le sosie, version anorexique et/ou héroïnomane de Mike Jagger. Quand môman était venue, on l'avait déjà croisé dans le bus, à l'aller, et au retour, en se posant la question existentielle suivante: "est-ce un homme ou une femme?". La pluie n'aura donc pas aidée à élucider ce mystère très mystérieux.

 

Par ailleurs, ma chatte, ma jupe et moi nous excusons pour la lourdeur narrative de cet aperçu d'après midi, mais il fallait bien exprimer d'une manière où d'un autre la pesanteur régnant sur une pauvre fille qui a juste voulu se la péter en espérant récolter tout au plus trois regards en coin et non une flopée de compliments vulgos qui l'on poussée à devenir tout aussi vulgaire en présence d'enfants. Avis aux bites bruyante: par pitié fermez-la et faite un petit coup trempette dans des glaçons, ça sera peut-être douloureux pour vous, mais très soulageant pour moi et les enfants qui ont appris aujourd'hui l'expression "connard de tête de gland".

 

par souen publié dans : nimp
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Mercredi 18 juillet 2007

On peut pas être doué en tout. Moi je suis pas douée en « fait taire cette petite voix paniquée qui sommeille en toi et qui parle trop souvent à ta place ». Du coup, ça fait foirer pas mal de choses. Les oraux d’exams. Les entretiens d’embauche. Les rencards. Qui mine de rien on trop de point communs pour ne pas être issus du même cerveau malade.

De fait, je ne ferai pas de thèse sur les liens et les influences de la littérature sur l’art contemporain de 1970 à nos jours, puisque pour cela il faut soutenir sa thèse, et expliquer à un jury qu’on a pas passé dix ans de son existence à se planquer à la fac.

Quant aux rencards, j’ai du me plier à l’exercice parce que j’en avais un peu marre des « chanteurs de Gold » (cf F. Foresti), qui sont pour ma génération des gars du type « le seul qui reste au coin du feu à jouer pour la 4ème fois à la gratte Higway to Hell parce qu’il connaît que ça ».

Donc il faut boire pour faire taire la petite voix et essayer de la faire disparaître très très loin au fond de soi. Souvent, ça marche pas. Ce qui résulte du mélange petite voix + alcool est souvent une somme incalculable d’humiliation publiques.

Hier soir elle s’est réveillée au moment où j’aurais du commencer à m’endormir et a commencé à me parler… à moi… au lieu de parler à ma place. La chienne. Endormie à 4h du mat’ avec un entretien d’embauche dix heures plus tard. Arg.

Mais je sais pas ce qui c’est passé j’ai réussi à la faire taire cette truie. A grand coups de faux punks des années 90 et de gays des années 80 elle a du se soumettre et a du s’en aller faire la chouille quelque part. Je l’ai eue cette pute ! DANS LES DENTS MORUE !

Du coup vous avez (presque) devant vous, la future gardienne de salle de la Biennale d’Art Contemporain de Lyon, édition 2007. HIHAAAAAAAAAAAAAA

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Lundi 9 juillet 2007

C’était hier soir, avant de m’endormir. Sauf que s’endormir à une heure du matin en devant aller bosser quatre heures plus tard ça engendre le stress de l’insomnie, et donc l’insomnie. Je ne dormais donc pas. Alors du coup je pensais à tout un tas de chose ; mon précédent rêve dans lequel on était à un colloque de la loose et on montait sur scène pour exprimer nos loose existentielles. Le grand chef des looseurs portait un maillot de foot rouge, avait un bras en moins et la bite irradiée. Alors moi j’étais un peu honteuse parce que ma loose à moi elle craignait à côté de ça (ma loose de rêve est la même que la loose de réalité : la perte d’une carte de crédit, d’un portable et d’un paquet de clope en moins de cinq jours). Après les moments de délire intense des premiers instants de non sommeil, viennent les vieilles angoisses. Celle d’hier soir qui a décidée de revenir me lapider c’est celle de l’anniversaire. Je vais avoir 21 ans. Même pas un tiers de ma vie il parait (sauf accident évidemment). Hué sauf que à 21 ans, Rimbaud lui il avait déjà écrit toute son œuvre et s’était tiré en Afrique du Nord pour faire du trafique d’armes. Le souci n’est pas que j’ai l’ambition d’être trafiquante ou génie poétique, mais c’est plutôt le fait de savoir je suis exactement ce que je devrais être : une gamine de vingt berges, qui reçoit pour la première fois sa maman dans sa maison à elle et qui, de fait, est assimilée à la race des gens adultes et « équilibrés » (dixit Caro…). Une meuf de vingt balais qui essaie de pas trop rentrer dans le moule et de pas trop en sortir non plus. Voilà, j’avais écris un roman là-dessus hier soir, mais ce qui est cool c’est que je l’ai oublié chez moi et que du coup je me souviens que de l’idée principal du truc en zappant les épisodes bassinant du développement de ma super thèse de l’insomnie d’hier soir : résultat je suis où je suis censée être, et ça craint comme sensation.

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Jeudi 5 juillet 2007
    J'étais en train de mourir dans un point de vente d'environ 3 mètres carrés dans lequel aucun client ne viens parce que la vendeuse à l'agonie est assez terrifiante. Le vide engendrant l'ennuie, l'ennuie engendrant le vide et le tout creusant ma tombe, je comptais les minutes me séparant de ma pause clope du matin. Quand j'en avais marre de compter les minutes, je comptais le temps que mettait l'escalator de la voie F pour effectuer un tour complet. Une minute en moyenne. Puis vint la faim. Parce que le matin je n'avais mangé qu'un kinder en une seule bouchée, saupoudré d'un verre de jus miniature. Et j'étais censée vendre de la nourriture… Bave et agonie ne font pas bon    ménage.
    Une heure et trente minutes plus tard, soit une heure après l'heure officielle de ma pause clope du matin, on vient à mon secours. " Tu peux prendre ta pause". Le filet de lumière blanche descendant du ciel, les chants grégoriens, bref: l'heure avait sonnée.
    A cette heure ci normalement on passe devant un autre point de vente et on demande un croissant à notre gentil collègue, parce que grâce au syndicat (qui ne savent plus pour quoi se battre depuis que les enfants français ne sont plus dans les mines) on a un croissant gratos tout les matins. Je me dirige donc vers le lieu de la résurrection, et là, qui vois-je dans un immonde uniforme identique au mien? Lui. Avec un grand L. Oui parce que, j'avais oublié de le dire, la veille j'avais été toute émue par un type juste parce qu'il était passé en courant et qu'il écoutait "abesses" de birdy nam nam, et que cette chanson elle est juste géniale et que du coup ce garçon avait autant de classe que pu en avoir Pamela à sa grande époque.
    Donc Lui. Avec un grand L. Il me tend un sachet dans lequel se trouve traditionnellement le petit croissant. Nos doigts s'effleurent (enfin pas sur mais bon, c'est pour le scénar quoi…),  grand instant d'émotion, puis là, joie, oh joie je réceptionne un clin d'œil qui m'était effectivement destiné. Je ne compris pas de suite. Mais lorsque le sachet fut entre mes mains, je sentis quelque chose d'anormal. Sachet bien trop lourd pour n'être rempli que d'un unique croissant. Un sourire illumine mon visage et je me barre manger en fourbe ce que la providence m'avait apportée par le biais de son messie aux belles oreilles: un pain au chocolat.
    Là bas c'est bien, je tombe amoureuse comme à la maternelle: ce jour-ci c'était Monsieur Abesses avec son pain au chocolat qui a de plus en plus de mal à rivaliser dans ma mémoire avec Camille le pâtissier qui me fit don, non pas de sa personne, mais d'un roulé au pépites de chocolat et à la crème pâtissière.
par souen publié dans : nimp
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Jeudi 5 juillet 2007
Je voulais m'acheter "l'histoire sans fin", le livre, parce que je l'avais commencé quand j'avais dormi dans la chambre du petit frère d'une pote et que, de fait, j'étais frustrée de pas l'avoir lu jusqu'au bout même si je connais la fin. Direction la Nafc pour ne pas la citer, trouvage du livre, direction la caisse.
"saisissez votre code"
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"code faux"
ah… j'ai du ripper
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"code faux"
meuh elle est con c'te machine, j't'en foutrais moi des "code faux" je le connais mon code quand même ça fait trois ans que c'est le même alors faudrait pas trop voir à me prendre pour une huitre.
1 3 4 4
"code faux"
"carte bloquée"


La morale de cette histoire c'est que je ne sais pas d'où sors ce 1 3 4 4… c'est pas mon code pin, ça a jamais été mon code de carte bleue et ça n'a même aucun chiffre en commun avec le dit code, ça n'est pas sur mon numéro de sécu ni mon numéro étudiant, ni le mot de passe de mon adresse msn…
Prenez en de la graine les enfants.
par souen publié dans : nimp
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n'importe quand

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