Hier soir dans la nuit noire, je rentrais chez moi aux alentours de quatre heure, quatre heure et quart (veuillez noter la rime je me suis donné du mal).
Je rentrais de chez une amie, les bras maculés d'acrylique... car oui nous sommes toutes deux de grandes artistes de renommée futurement internationale, même si j'ai du mal à situer le "igrec" d'acrylique... acrilyque?
Bref, arrivée avenue de Lodève (à trois minutes et trentes secondes de chez moi), je me disais, chouette, jusque là rien à signaler. Là vous, vous dites, "oh mon dieu il lui est arrivé quelque chose!! Mais c'est bien elle a encore des doigts, et des yeux pour nous raconter ses mesaventures!"
Là j'entend donc un "Mad'moiselle!!"
Et merde.
"T'as pas du feu Mad'moiselle charmante?" me demande-t-il après avoir traversé l'avenue.
Ok, un mec tout bourré... youpi...
"Non, désolé je me le suis fait carotté ce soir."
C'était vrai en plus. Je suis quelqu'un d'honnete un peu.
Je trace donc ma route. Je ne me retourne pas.
"Mad'moiselle très très charmaaaaantee" me hurle-t-il d'une voix qu'il aurait voulue langoureuse je suppose.
Accelère ma fille, ça sent pas bon, ça sent le gros lourd. C'est vrai que pour m'appeler comme ça il faut vraiment être quelqu'un de completement pété doublé d'un gros lourd.
Je suis à une minute et quinze seconde de ma maison. Sauf que mister balourd m'a rattrapé malgré ma démarche qui est passé de celle de la larve sauvage à l'autruche terrifiée.
Je joue la fille gentille, parce que bon, je me dis que faudrait peut-être pas que je tente le diable non plus.
Sauf que monsieur vois en une gentillesse apeurée une invitation à me passer le bras autours du cou. Ce qu'il fait forcément.
J'ai envie de lui mettre une droite.
Mais je sais pas me battre.
Je lui dis alors que j'ai un copain (oh, le vilain mensonge inutile, parce que si j'étais maquée, à moins que ce soit avec batman et que j'ai un projecteur sous la main, le mec imaginaire en question, ba il est pas là.) en le repoussant sans violence, mais bon j'ai quand même grave envie de lui vomir dessus.
J'arrive devant chez moi. Ouf.
J'amorce la clé dans la serrure. Je le vois monter une des trois marches qui sont devant ma porte.
"Mais tu viens pas tu sais, j'habite chez ma mère."
"Ba on va chez moi alors!"
C'est fou on a l'air d'évoluer dans deux mondes différents.
"Euh ba non" lui répons-je donc.
Et là, il m'attrape le bras.
Pas genre je t'effleure sensuellement. Genre je t'agripe et je te tiens fort. En plus je sers un peu au cas ou ça suffirait pas.
Panique à bord.
A force de quelque beuglement chevalin lui intimant de me lacher immédiatement, il s'execute.
Je me précipite à ouvrir ma porte, en priant pour la lui refermer en plein dans le crâne pour qu'il pisse le sang ce sale con.
Résultat, plus de peur que de mal, mais j'ai quand même flippé toute la nuit qu'il rentre dans ma chambre par mon vélux le gars.
Mais bon tout est reglé, l'année prochaine je vote Sarko, comme ça, ça m'arrivera plus jamais.
Sinon j'achète une batte à clous.