... ma maman, qui m'a ramené de la meringue qu'on peut manger qu'avec les doigts pour alimenter sans vergogne ma grande phase tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, accompagnée dans sa démarche par Roald Dahl chez qui les gentils gagnent toujours à la fin, Luis Sepulveda qui m'a fait lire mon premier roman d'amour que j'ai aimé, à Hook qui me donne des envies de colorant alimentaire pour gateaux à la crème, et à Bastien Balthazar Bux qui connait un type qui a un escargot de course et un dragon chien.
Voilà, je suis à deux doigts de faire un gros coeur en bas de cette note, mais je vais plutôt chercher un groupe tradtrash sans accordéoniste qui veux bien engager ma maman pour que son monde à elle devienne aussi très beau et très gentil même s'il pleut.
Youhou.
par souen
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Je voulais vous parler de tout un tas de choses concernant la bouffe, parce que, au final, la nourriture ça pourrait constituer toute ma vie. Tous ceux qui me connaissent de visu le savent, parce que ça se voit, parce que toute les kinders ingurgités essayent de s’échapper par ma large hanche. Mais passons la complainte de la femelle semi obèse avant l’été pour passer au vrai sujet qui nous intéresse. Les joies de la dégustation. Comment manger une forêt noire de manière triviale et un flamby avec la délicatesse d’une duchesse maniérée. Je pourrais décrire pendant des heures cette fascinante technique qui consiste à ratiboiser les petits ponts qui cernent le flamby, un par un, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus qu’une forme qui serait elle-même parfaitement géométrique dans la dimension parallèle d’à côté. Puis, avec le dos de la cuillère, écraser très légèrement ce qu’il reste de caramel au sommet pour aller inonder toutes les parois du dessert, l’achever dans sa hauteur et en trois coups de cuillère très vifs, dévorer la base pour qu’il n’y ait plus que caramel dans la sous-tasse réquisitionnée pour l’occasion.
Toute la splendeur de cette technique universelle apprise par le commun des mortels occidentaux à la cantine de l’école maternelle, ne réside pas dans la finesse de la découpe, mais dans l’instrument choisit pour l’occasion. Ne jamais prendre la première petite cuillère venue, celle qui ressemble à toutes les autres et qui est au dessus du tas. Tutute. Choisir son outil, là est le secret de toute orgie qui se veut gracieuse sous ses grands airs de bâfrerie anarchiste. Car ne pas choisir sa cuillère, c’est subir le chocolat et non se l’approprier. Manger sa crème dessert au goût qu’il te plaira à grand coup de pelleteuse, de plat de couteau, ou de la cuillère la plus petite qui soit ça change toute la relation du mangeur au mangé. Ma préférence va aux très petites cuillères, celle qui servent à remuer du sucre dans des cafés ridiculement nains. Celles qui sont très lourdes et très creuses, avec la tranche un peu ciselés pour bien montrer que ça c’est une petite cuillère qui en a dans le ventre. On l’a bien en main cette petite cuillère là, et elle est assez pesante pour bien montrer qu’elle existe, qu’elle est l’intermédiaire indispensable entre toi et le yaourt, que sans elle ça serait vraiment pas la même chose.
Je suis très friande de ces petites cuillères, j’en ai même une humble collection, toutes volées dans divers café parce qu’à chaque fois que j’en vois une, je peux pas m’en empêcher, c’est tellement délicieux une crème dessert mangée avec une tout petite cuillère très lourde que c’en est devenu indispensable.
par souen
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Je suis à la bourre. Alors je transpire comme un vieux yack parce que je trace et que je me suis trop couverte, oubliant en partant que je n’étais plus dans le grand nord. Je cours pour traverser et je vois deux types, style vieux pervers en âge d’être mes géniteurs, me regarder. Là, je sais pas pourquoi ni comment, mais il semblerait que dans ma dégaine de poissonnière aviatrice suante ils voient une blondasse à forte poitrine en maillot rouge. Que voulez vous, la psychologie masculine m’échappe parfois, à la manière dont leur échappa de façon bien volontaire cette magnifique phrase « Hey, tes nichons, ils sont vrais ou faux ? ».
Là, dans ma tête ça a fait ah non, pas cette fois, tu vas pas encore te retrouver à ruminer dix minutes sur la route en te demandant quelle phrase magnifique tu aurait pu leur sortir pour leur faire fermer leur grande gueule de mous de la bite qui croient que tout ce qui en a dans le soutif écarte forcément les jambes à vue. Voilà ce qui c’est passé dans ma tête pendant que je gueulais avec un air hargneux « Vas te faire foutre connard, de toute manière ils sont pas dans tes prix ». Ca rend vachement moins bien à l’écrit, mais sur le coup j’étais très fière parce que c’était sorti tout seul, comme si j’étais devenu une grande fifille qui commence enfin à avoir de la répartie, oh joie. Alors j’ai marché la tête haute avec mon regard de hyène arrogante parce que pour une fois je cherchais pas ce que j’aurait bien pu répondre. Pour couronner le halo de gloire intense qui m’entourait, un gentleman, tout de vert vêtu déplaça un encombrant qui barrait ma route, tout en me regardant comme si j’étais une grande lady.
En fait c’était un éboueur qui a dégagé sa poubelle, mais il l’a déplacée de dix centimètres, comme un recule une chaise en s’asseyant dans un grand resto, sauf que c’était plus classe, parce que j’ai pas eu à douiller cent euros ni a endosser un joli tailleur pour que ça arrive. Nan, j’avais mes collants qui piquent les yeux, mon poil aux pattes, ma moumoute qui s’échappait de ma barrette, le mascara dégoulinant, et tout ce qui s’en suit, mais monsieur l’éboueur s’en battait les couilles, j’étais une lady et notre restaurant gastronomique s’étendait sur tout le faubourg du coureau sans que personne le sache.
par souen
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Une sieste sur un banc au soleil, avec l’espoir vain de revenir à Lyon bronzée, pour faire ma crâneuse chauvine, que ma ville pourave du sud c’est la plus mieux, bande de cons de paysans. Puis j’ai vu Toad, sa carrière était finie, alors il se bourrait la gueule et crachait ses glaires par terre avec l’air de maudire l’humanité et tout les enfants qui ont renié super mario pour passer à dofus (en fait c’était un clochard avec une super coiffure de champignon), puis aussi je me suis vautrée dans les trucs qui sont censée aider les aveugles à trouver leur route, alors après tant d’exploits je me dit que c’est quand même chouette de rentrer à sa maison, retrouver mes frères, mes sœurs, ohoh ce serait le bonheur.
par souen
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Avez-vous déjà eu un prof de langue qui comprend pas les langues ? Et pas n’importe quel prof s’il vous plait, le prof de latin, jeune thésard en devenir, qui a étrangement l’air d’un olivier qu’on a tenté de planter dans la région Pas-De-Calais et qu’on paye pour nous apprendre des trucs parce qu’il a la flemme de distribuer des échantillons de Skip, comme tout le monde.
Enfin bref, devant un garçon de cet acabit on est en droit de s’attendre à un amateur de vieilles choses tout ce qu’il y a de plus classique, qui aime les beaux trucs bien faits, bien ficelés et bien alambiqués, perfectionniste à souhaits, probablement élitiste, et qui connaît son Becherel comme je connais mon Bali-Balo. Difficile donc d’être indulgent.
« En outre non seulement les romains donnèrent la statue […] »
…
Mes yeux ! Mes oreilles ! Mon nez ! Ca pique, ça brûle ! Je fonds !
« En outre non seulement » et non « En outre virgule non seulement ». C’est comme un double menton. C’est laid au carré. Un chirurgien esthétique qui a un double menton c’est pas crédible je suis désolée, ça fait pas pro. Ok, c’est le summum de l’arrogance qu’une nana qui se tape des malus de 3 points à ses partiels en raison de défaillances orthographiques notoires fasse un grand réquisitoire anti-virgule manquante. Mais j’m’en fou je m’appelle Swann et j’me fou bien de la gueule des gens qui s’appellent Marie-Odile. Et Marie-Odile, telle la virgule partie à la Bourboule, c’est caca boudin.
Oui, des artistes font des choses très bien avec du caca et du boudin, et même que des fois c’est drôle. Mais là c’est tout de même un type qui fait une thèse sur des vieux machins, qui ont bien du, à un moment où à un autre, faire preuve de beauté pour que ce garçon décide d’y consacrer sa vie. Et puis on est quand même en première année de découverte du monde merveilleux des trucs chouettes que nos ancêtres morts ont fait.
Parce que j’y suis sensible moi à ces trucs chouettes, à cette beauté avec un grand bé. Même quand elle est moche. J’ai quand même pas lâché un BTS qui aurait pu m’offrir gloire et fortune pour me retrouver face à des « en outre non seulement » qui se baladent dans la nature sans que personne ne dise rien. C’est comme mettre du côtes d’or à côté d’une patate sans se rendre compte qu’on fait se côtoyer deux raffinements foncièrement opposés, sans jamais réaliser que ça puisse être une expérience à vivre, ou bien que juste ça peut être drôle, ou que ça peut-être super politique (mais ça, ça marche que si t’es étudiant aux Beaux-Arts).
A part ça, oui je trouve qu’une patate c’est raffiné et oui mon prof de latin est un enculeur de mouches.
par souen
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