

Je rentre de soirée. Là maintenant tout de suite, j’en viens directement, je sors à peine des toilettes où j’eu le plaisir d’évacuer le trop plein de bière tout en constatant la vanité de faire des mots-fléchés à cette heure tardive et alcoolisée de la nuit. La soirée ce déroula de manière plutôt paisible mais cependant appréciable : rigolade à propos d’handicapés, moquerie de la fille qui était fan de Justin Timberlake et constat du futur couple de notre hôte. A 00h20 je m’extrais de chez lui pour prendre le dernier bus. Bus qui ne passe pas. Mais alors qu’il ne daigne pas venir, le gars du cinquième étage de l’immeuble d’en face met sa grosse enceinte au balcon et nous fait profiter du dernier album de Daft Punk. Ainsi mon imposant postérieur se met à remuer sans mon aval, mais ça me réchauffe en fait. Un gars avec un trombone, où un quelconque cuivre imposant physiquement et auditivement, passe par là et accompagne la musique électronique ce qui donne un mélange étrange mais finalement pas désagréable. Et puis ça me fait vachement rire et plus je ris moins j’ai froid. Parce que j’avais décidé de me la péter et de mettre ma petite veste en cuir qui a trop la classe mais qui tient aussi chaud qu’une cacahuète posée sur le front. 00h45 je me dis qu’il est temps d’aller prendre la navette de nuit qui me ramène vachement moins près que le bus normal mais qui me rapproche quand même de la maison. J’écoute un peu ce qui ce dit autour de moi, je congédie les importuns et j’entends une voix. Une voix qui m’est familière. Une voix qui dit un peu des choses alambiquées et philosophiques pour finalement juste demander son chemin. Je me tourne. Olivier. Un gars avec qui j’ai fait un an de cours. Il faisait partie du cercle des gens agréables mais pas fréquentable de la classe. Dans un élan de frénésie, de sociabilité et probablement d’Heineken incontrolé je me lance à sa bise et le salue gracement. Ce qu’il fait également. Puis on parle de choses et d’autres, surtout d’autres d’ailleurs, dans l’état semi-lyrique dans lequel il met toute personne au premier abord. Je fais un détour pour passer par les rues éclairées et avec lui aussi, parce qu’il me passe de la bière et qu’il fait franchement rire. Au moment où nos routes se détournent l’une de l’autre, il me chante un peu de jazz bibopeloula, ce qui me met une franche patate et qui me permet d’arriver en vie, en n’ayant froid qu’à la fesse droite, à la maison. Si ça se trouve je serais arrivée comme ça aussi à la maison si je ne l’avais pas croisé, mais on sait jamais, mieux vaut croiser des jazzmans sur sa route qu’un vieil asphalte écœurant et muet je crois.