C’est la période des partiels en ce moment pour le petit corps d’actuels pompeurs de moelle du budget de la France et/ou de leurs bienveillants parents, qui daignent financer ceux qui paieront leurs retraites. Qui essaieront du moins. Je parle des étudiants là. C’est un investissement à moyen terme l’étudiant. Sauf moi, membre d’honneur des gens qui font des cursus universitaires inutiles . L’histoire de l’art par exemple. Ou la philosophie. Enfin des trucs qui essayent de donner du sens à ce qu’ils ont autour d’eux. Mais le sens c’est pas très monnayable. Donc inutile. De surcroit, quand on est très fort, le sens est trouvable du haut de son canapé voire même de son lit ! Pas besoin d’aller au bureau et tout pour trouver le sens. Tout ça pour dire que ceux qui pensent que fonctionnaire c’est la planque, ils se gourent sur toute la ligne. C’est essayer de trouver un sens le super terrier magique pour qui souhaite glander. Mais attention hein, il faut pas donner dans n’importe quelle discipline. Les sciences avec des chiffres dedans par exemple, ça cherche à trouver des trucs mais faut être sacrément intelligent et en plus ça ouvre les portes de l’emploi prestigieux. Et c’est bien connu, le prestige n’est point reposant. Il faut faire dans la science humaine pour faire partie de la grande famille des futurs RMIstes. Manipuler des concepts abstraits inaccessibles au commun des mortels mais par le biais d’un langage utilisé de tous. Parce que les maths c’est mignon mais personne y cale rien dès que ça dépasse l’addition du prix de deux baguettes. Alors que la philo par exemple, pour peu que l’on possède plus de trois cents mots de vocabulaire, devrait être compréhensible par tous parce qu’elle utilise un truc dont on se sert tout les jours : le mot. Et oué, les philosophes sont des gros malins. Moi j’ai choisi encore mieux. L’histoire de l’art. Même pas besoin d’être lettré, il suffit d’avoir des yeux pour regarder des images. Et pourtant, est-ce-que quelqu’un pige quelque chose à l’art contemporain ici ?
Donc en ce moment, examens. Ce semestre m’a fait chier au plus haut point. Et je pèse mes mots. La danette bigout que je viens de m’enfiler me semble plus attrayante que les cours qu’on a essayé de me donner durant trois mois. C’est vous dire. De l’architecture soit les mathématiques appliqués à l’art. De la syntaxe soit les mathématiques appliqués aux mots. Je me suis faite eue mes enfants. Il y avait quand même des gens qui nous racontaient la mythologie ou comment l’automne était lié à la bile, mais ce ne fut guère suffisant pour me faire oublier l’omniprésence de ces donneurs de leçon n’ont eu de cesse de vouloir me faire travailler. Alors je ne fais rien. Rien d’utile je veux dire hein. Je lis des livres dont tout le monde se fou. Comme Bukowski et Roald Dahl, qui ne seront jamais enseignés à l’école. Je regarde des images qui n’auront jamais leur place dans une université, comme Oban Star Racer ou Château l’Attente. Je vais jouer les bénévoles dans des festivals, histoire non seulement d’être inutile à la communauté mais également de m’être inutile à moi-même, ou à mon portefeuille en l’occurrence. Mais j’ai vu pour la seconde fois de ma vie, ce soir, une pellicule cramer en direct live à l’écran. La première fois c’était pour la projection de l’Ange Bleu, dont je ne connais que le générique du coup. La deuxième occurrence de cet événement rare se déroula ce soir, à l’occasion d’une projection de court-métrages. Au lieu tomber en pamoison devant les aléas de la technique qui font des choses bien jolies ma foi, je devrait probablement travailler sur les partiels qui me tomberont sur le coin de la tempe demain. Mais ai-je vraiment le temps de faire quelque chose d’intelligent ?
par souen
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Aujourd’hui c’était le dernier jour de boulot pour tout les travailleurs de la biennale. C’était un boulot de con, expliquer au gens comment se comporter dans un musée, de pas taper sur les œuvres, de pas courir dans tout les sens, de lire les panneaux où il est écrit que c’est interdit aux mineurs. Un boulot de con sous-payé pour fliquer d’autre gens cons. On était une équipe de cons et hier soir on a fêté notre connerie aux frais de la princesse. Tous ivres, tous dansants comme des cons sur de la musique inaudible des rock’n’roll approximatifs et endiablés. L’alcool aidant, on se serait dans les bras les uns les autres comme des cons, cons de ne pas s’être dit qu’on s’aimait bien pendant les quelques mois où finalement on ne faisait pas que tolérer nos présence mutuelles. Serge a 40 ans et m’appelait « frangine » hier soir et moi je l’appelais « frangin », il m’a présenté à sa femme sous un chapelet de compliments sur mon humour con mais qui le faisait rire. Avec Sylvain le beau gosse on s’est dit combien on avait apprécié se côtoyer, parce qu’on était l’un pour l’autre la personne qu’on croise pas souvent, une personne d’arrière plan mais qui vous gratifiera toujours d’un sourire et d’une blague nulle et qui fait du bien là où ça fait mal lorsqu’on plie sous le poids d’une nuée de cons. J’ai raconté ma vie à Laurent qui s’étonna alors de savoir que je n’étais pas qu’un être inutile présent sur la planète pour lui rappeler combien il était vieux et chauve, et que tout compte faits sa fiancée est une fille pas chiante pour un sous. Et il me dit qu’en fait je jouais les « parasites mystérieux » ce que je trouve assez cool. Il y avait aussi la fille qui n’avait de féminin que ses grands yeux bleus et son éternuement, la jeune maman hyperactive, le gars le plus sociable de la décennie même quand il est pas ivre, la fausse rousse au sourire sublime, le chti en exil, la rigolote naine aigrie, le roux le plus gentil de l’univers, l’autre roux le plus beau parleur de l’univers, la superbe dreadeuse qui s’est pété le genou et puis tout les autres. Voilà c’était un petit mot un peu mièvre pour dire que malgré tout ils vont me manquer cette bande de cons.
par souen
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Dimanche 30 décembre 2007
Après un début de semaine plus ou moins mouvementé, quoique fatiguant, en famille je tente désespérément de fusionner avec mon canapé par le cul. D’aucuns me diraient que je croute telle une vieille retraité, et bien je dis non. Je tente une expérience tout à fait scientifique pour trouver le rapport entre le nombre de livres ingurgités, la qualité du plaid ou du chat et le thé pour aboutir à l’être idéal : la femme canapé. A moins avis c’est quelque chose du genre ouvrez les parenthèses, livre plus chat, fermez la parenthèse multiplié par thé, le tout sur plaid. Je crois qu’il faut que je rajoute un exposant musique quelque part. Mais j’élucubre, j’élucubre, et pendant ce temps je me dis qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter de palpitant après avoir posé un problème tout à fait scientifique d’une telle trempe. Peut-être pourrais-je parler du gars qui avait un très gros menton au boulot aujourd’hui. Je crois que c’était une maladie donc je vais m’abstenir. Ou la fille qui marchait en chaussette pendant que son père lui tenait ses bottes parce qu’elle avait mal aux pieds. Et ouais ma grosse tu croyais que t’allais faire une expo sur tapis roulant hein ! Ou bien mon collègue qui met une petite cuillère au milieu de sculptures de U en chrome pour parasiter l’oeuvre. Non j’ai pas envie de raconter tout ça parce que après je dévierais du chemin de la recherche scientifique et je pourrais dire adieu à mon agrégation et à mon doctorat de flemme. Déjà que je dois faire le ménage avant de partir en vacances, ce qui pourrit un peu mes expérience du soir où je devais effectuer un comparatif canapé/lit très très important je vais pas non plus me casser le cul (qui est je le rappelle le thème principal de ma thèse, voir quelques lignes au dessus) à raconter des trucs dont tout le monde se fou.
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Vendredi 28 décembre 2007
Remercions ce bien bel ouvrage pour cette superbe phrase qui restera à jamais gravé dans ce qu'il me reste de neurones.
Si cela ne vous suffit pas pour vous donner envie et bien ça raconte la suite de La Belle Au Bois Dormant, comment le chateau abandonné à la suite du sauvetage de la princesse narcoleptique devient
un refuge pour tout les gens un peu paumés, cachés, plus ou moins pourchassés, qui forment au final une grande famille de rejetés de la société un tantinet allumés. Avec entre autre un cheval
dueliste, une none échapée d'un cirque, un bébé vert, des bastons dans des tavernes, un démon sans corps et je m'arrête là parce qu'il faut que je vous laisse des surprises quand même. C'est bon
j'ai assez donné envie là?
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Vendredi 28 décembre 2007

et un mug mais là il est dans la vaisselle sale et je vais pas non plus prendre en photo ma vaisselle, je veux pas que les services d'hygiène se pointent chez moi.
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Vendredi 21 décembre 2007

Faire des études c'est un truc chouette pour lutter contre l'obscurantisme ambiant il parrait. Ils oublient de dire qu'il y a des cours de syntaxe dans le tas. Ils oublient de dire que la route vers la lumière est pavée de très longues heures d'ennui. Et ils oublient de dire que le père-noël est gay aussi.
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Mercredi 19 décembre 2007
Je suis une déesse de la patisserie mes enfants, j'invente des choses, je rajoute des ingrédients secrets et ça donne des trucs que vous pouvez même pas imaginer. Et j'espère que vous êtes tristes voire jaloux de pas pouvoir y gouter parce que c'est le but. Et oué, dieu est une pute vengeresse qui compense le désastre de sa vie sociale par la magie d'une vie intestinale divine. Vie sociale je te conchie.
par souen
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