En ce moment c’est pas la grande forme olympique. Oh, c’est pas moi hein, c’est le reste du monde qui a décidé de me persécuter. Je crois qu’il a eu sa dose de brisage de
glaouis et qu’il me fait le coup du renvoyage de pareille ou de retour de manivelle. Une sombre histoire de dictons dans ce goût là qui, on le sait très bien, parce que oui on est des gens
perspicaces, n’est là que pour justifier l’injustifiable et faire en sorte que je puisse tolérer l’idée que mes vingt premières années d’existence ne furent en réalité qu’un ridicule petit
prélude à la merde.
Là c’est le moment où je joue de l’art de l’ellipse et fais poliment abstraction d’un second paragraphe aussi éreintant pour vous que pour moi pour passer directement à un
troisième, qui s’annonce un tant soit peu jubilatoire puisqu’on y parlera d’alcool et des conséquences d’une semi-obésité négligée.
Venons en donc à samedi soir où, comme un bon gang de minettes à peine pubères, nous nous posâmes la fatale question « bon les filles, on fait quoi ce soir ? ».
Une soirée à trente bornes de nos maisons, ça promet d’être funky, d’autant plus que lorsqu’il n’y a aucune porte de sortie, il est plus facile d’essayer de s’amuser que de rentrer chez soi. Ou
pas. On décolle de la ville, sapées comme des pouilleuses que le reste du monde ne peut atteindre et qui, surtout, s’en tamponnent les flumulles. On envoie la tectonique dans l’AX à l’intérieur
de laquelle trois filles, trois packs et trois duvets peinent à respirer, mais on s’en fout le front de libération des bras vaincra, et comprenne cette phrase qui pourra. On arrive. Et là c’est
le moment où on se sent un peu comme des grosses merdes. L’intérieur est peuplé d’une colonie de filles très bien coiffées, brushées jusqu’à la nuque, avec des franges et des barrettes
naturellement, toutes quichées à leurs sac-à-main miniature dans lequel si tu rentres trois tampax je t’offre la boite tiens. Pour donner à mon cher public un étendu des préjudices que pourrait
causer une relation sur le mode comparatif avec ces demoiselles, je vais vous présenter un bref portrait capillaire de notre petit groupe de pauvresses : la première ne se brosse qu’une fois
par semaine, la seconde avait eu la flemme de se laver les cheveux ce matin là, la troisième s’était coiffé avec un stylo bic et la dernière ne jurait que par son éternelle couette depuis les
trois dernières années. Agripine a dit un jour « si ça se trouve on serait belle on se ferait chier ». Petite citation qui éclairera l’humble lecteur sur notre état
d’esprit d’alors.
Toutes les boissons sont disposées en rang d’oignon sur un piano à queue, et autour une tripotée de petits fours n’arrête pas d’arriver. On se fait quand même chier. Boire ne
nous suffit plus. On essaye de manger aussi du coup. On clope aussi parce que bon, la clope c’est bien connu, ça donne une contenance voire une prestance de type ruée vers l’Ouest si c’est une
roulée pourrie. Les seules événements cool de cette soirée furent mon décollage sur grand poney, lorsqu’un homme sûrement aussi plein de bonne intentions que de neurones osa signaler en ma
présence qu’une fille ne doit pas péter parce qu’une fille c’est gracieux ; le sang de la souen alcoolisée ne fit qu’un tour et envoya l’espèce de gros débile se faire foutre. Je suis pas
sûre que ça ait marché aux vues des filles non pétomanes et brushées qui me regardaient d’un drôle d’air lors de ma plaidoirie pro-flatulence et surtout anti idées reçues sur une soi-disant
nature féminine. Mais bon. Puis il y a aussi le type qui tentait de séduire une belle en lui jouant des refrains approximatifs avec ses mains pleines de bières et devenues dyslexiques.
Il a eu aussi une pauvre meuf acariâtre, qui en entendant la musique aussi enchanteresse qu’une essoreuse à salade qui était diffusée, se leva et, avec un dédain absolue de
teigneuse menstruée, lança en prenant la porte « ‘tain on a même plus besoin du connard avec sa guitare qui sait jouer que Tryo pour entendre de la merde ». Ah oui c’était
moi.
Quant à mon gros cul, mon ventre flasque et moi (pour changer de sujet), on a bousillé en deux jours, un lit pliant, lattes et sommier inclus, rien qu’en dormant dessus, et une
cuvette de wc en contreplaqué sans rien y faire de bien extraordinaire sinon s’y assoir.
Je finirai ce résumé de week-end fort peu exhaustif ma foi, en signalant que j’en ai plein le cul et que cet été j’me barre voir l’Italie parce que c’est pas tout ça, mais
votre hôtesse a sévèrement besoin d’air. Et en plus j’y vais toute seule parce que personne de mon âge n’est en vacances au mois d’aout mais j’vais pas commencer à me défiler
sous de fallacieux prétextes de solitude. Faut pas déconner non plus.
par souen
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Et c’est reparti pensa-t-elle. Encore une diatribe complaisante et imbibée de whisky sur ce putain de bon vieux temps. Et sur nous autres, pauvres âmes nées trop tard pour voir la splendeur
des stones ou sniffer de la coke haut de gamme au studio 54. Nous qui avons raté presque tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Nous on est là pensa-t-elle, assis au bord du
monde, aux confins de la civilisation occidentale, désespérés au point d’être prêts à tout pour éprouver quelque chose, n’importe quoi, au point de sombrer les uns dans les autres et baiser à
corps perdu en attendant la fin des temps
C’est ce petit paragraphe pseudo profond, issue de mon enfoncement triste dans un canapé et capté au fil de mes errances télévisuelles, qui m’a fait réaliser
quelque chose de terrible ; la sensation d’avoir loupé une époque et d’être profondément atteinte d’un insoutenable complexe générationnel. D’être passée à côté d’un moment que j’imagine
flamboyant et effervescent, sans limites, et asservi par son propre besoin d’expérimentations, d’avoir loupé la grande Adolescence de l’Histoire pour n’avoir vingt ans que dans
son troisième âge. Quelques années que je fantasme comme une période où tout était permis pourvu que ce fût interdit, où comme des gamins qui prennent conscience des frontières de leur corps ils
voulurent abolir celles du reste du monde, où il fallait tout essayer et tout vivre avant que cette intensité n'en vienne à disparaître. Pour ne pas regretter de ne pas l’avoir fait et pour
lever le majeur au nez de ceux qui n’ont pas osé. Un instant que je voudrait collectif et joyeux et qui ne se renouvellera pas pour ma génération, peut-être pour la prochaine, ou peut-être
faudra-t-il encore attendre la suivante.
Je suis une frustrée générationnelle qui sait qu’il existe des maladies sexuellement transmissibles, qui a regardé les conséquences de la came droit dans les yeux et qui a
appris qu’il n’y avait rien de plus décevant que son prochain. Il ne reste plus que ce putain d’art pour me rappeler que du monde persiste à vouloir vivre, et que même si au final ça n’aura servi
à rien, mieux vaut s’écraser la tronche sur le seuil de la vanité de son existence en essayant de lui péter les dents, que d’attendre tranquillement qu’elle te tombe sur le coin de la gueule
comme un pot de fleur qui chute du huitième étage. Puis nous il reste les traces de ce putain de bon vieux temps ; il reste les cd de Led Zep et ceux des Doors en attendant l’apocalypse ou
l’apparition de la prochaine légende ; il nous reste l’espoir d’engendrer le prochain Bob Dylan. Et avec un peu de chance il viendra nous voir dans nos maisons de retraite pour nous piquer
notre morphine et nous enivrer de sa nerveuse existence.
par souen
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je sais pas si on voit que c'est du papiercul... j'ai pas de pécul rose vous voyez, alors mon idée lumineuse, telle mon amitié pour ce dicton lorsque je tire la chasse, s'enfuit vers d'autres
horizons . Voilà, l'effort que demande la studiosité (ceci est un néologisme jemenfoutiste issue d'un excessif manque de sommeil, autrement dit: je sais ça existe pas et tu sais quoi? je m'en
cogne) et la fatigue qu'elle engendre m'étonnera toujours et je crois que je ne cesserai jamais de m'en plaindre.
A part ça mon coloc' veut un lapin nain et moi je me suis mis à Bob Dylan, je vous expliquerai le pourquoi du comment et ma théorie du complexe générationel une autre fois hein.
par souen
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Quelle journée de cons ! Ce matin pour une fois dans mon existence je me suis levée à l’heure. Mangé ma tartine, bu mon verre de jus d’orange tout bien comme il faut jusqu’à ce que les
emmerdes commencent. Mon chat ronronnant à mes pieds s’est soudain mis à vomir à 20 cm de ma petite personne des lardons encore entiers qu’il avait chipé dans la nuit. J’ai envie de lui dire bien
fait pour ta gueule, nous on te bouffe pas tes croquettes t’as qu’à pas raquetter nos lardons. Au lieu de quoi j’ai pris du sopalin pour nettoyer et j’me suis tirée vite fait prendre une douche
pour éviter d’imiter mon matou. Dans la salle de bain c’est l’angoisse. Je veux mettre mon tee-shirt magique mais mon unique gilet qui va avec est au sale et je suis pas une gitane qui va aller
le récupérer non plus donc qu’est ce que je mets au final ? Je cogite, je cogite, j’ai pas d’idée lumineuse et je me tartine la tronche de crème que je sais même pas à quoi elle sert mais je
crois que ça me donne l’impression d’avoir un semblant de contrôle sur ce que j’aperçois dans le miroir, mais en fait que dalle, c’est à peine si ça me fera sentir bon dix minutes. De toute façon
j’vais allumer une clope directement en sortant d’ici donc je me demande si je ferais pas mieux d’économiser 4 euros tout les six mois avec ces conneries. Mais tout le monde le
fait il parait, il faut bien s’intégrer. La case « chemise » de mon cerveau s’illumine, voilà une question de réglée. La chemise est informe, j’essaye d’en faire quelque chose mais ça
marche pas et avec mes cheveux encore dégoulinant de flotte sur mes épaules j’ai l’air d’une Jane Birkin obèse et hargneuse. Une couette et trois épingle plus tard, la clope est au bec, j’ai une
bonne chanson de Dylan dans la tête pour essayer de marcher vite parce qu’avec tout ça je sais pas quelle heure il est mais je suis sure que je suis à la bourre. J’espère ne croiser personne dans
le bus comme hier où j’ai croisé le type dont je garde les enfants. Le truc horrible de tenter d’avoir une conversation intelligente et agréable le matin. Je pense aux autres gens. Je me suis
faite engueulée trois fois dans la même journée par trois personnes différentes et ça me fout encore plus de mauvais poil parce qu’aucune de ces prises de bec n’a réellement éclatée. Ça c’est
juste fini en « je coupe court à la discussion et si t’es pas contente c’est pareil ». Et moi j’ai même pas eu le temps de crier. Enfin si sur des répondeurs mais c’est pas super
stimulant un répondeur. Je sais pas pourquoi je rumine ça au réveil mais je le rumine et ça m’emmerde. Je réalise que j’ai oublié les bouquins que je devais rendre à la bibliothèque, je repars en
quatrième vitesse, le chat s’échappe, je le récupère, il me fout autant à la bourre que de poil sur le pantalon, me voilà ravie et parée pour une merveilleuse journée. Il est 11h30. Mon cours
commence à 11h30. Bon bah je vais aller directement à la bibliothèque. Ma colocataire qui a des vertus appaisantes comme la tisane se tire se soir jusqu’à dimanche pour aller voir son homme à
elle et du coup je suis toute seule et je me fais chier. Je voudrais bien picoler mais dans la liqueur que je coule dans mon verre il y a un moucheron mort. Si il est mort d’ivresse je l’envie au
moins il a du bien se marrer. Ce sur quoi je me casse parce que c’est pas en jouant les irascibles face à des pixels que ça va arranger les choses. Love sur vous les enfants.
par souen
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Pendant que mon amie de trimage universitaire se voyait remettre un vélo pour la congratuler de sa participation à un concours photo, et voyait également un autre participant
en fauteuil roulant remporter une trottinette, j’étais posée le cul sur une chaise de fac depuis quatre heures et trente cinq minutes. J’en avais la fesse plate et je commençais à douter de
l’efficacité de la caféine. C’était le cours avec mon gros prof roux. Je vous en ai déjà parlé une fois. Un roux gigantesque et érudit qui a les yeux du cousin de David Bowie surmontés de cheveux
mil-long hirsutes et anarchiques coiffés au gré de la main passé qu’il passe régulièrement dans sa choucroute lorsqu’il cherche le mot juste. J’aime bien ce prof, parce qu’au-delà du fait qu’il
possède le savoir d’au moins un étage de la BNF, ces cours ne ressemblent pas aux traditionnels chapelets d’informations tenues par on ne sait quel fil et vomi pour la quarante-cinquième fois par
un maître de conférence qui a pas que ça à foutre. En fait ce gars il raconte des histoires.
Aujourd’hui il nous a raconté l’histoire de l’usine Meunier. L’usine, vu de l’extérieur, ça ressemble à une espèce de légo vintage assemblé par des gros croisillons en fer avec
des couleurs d’autant plus moches qu’elles sont délavées, restaurées, et qu’elles ont eu le temps de redélaver. Des motifs floraux infects et du fer forgé se baladent à droite
à gauche et ponctuent la façade et lui donne un je ne sais quoi de surréaliste. En gros c’est ultra kitsch et ça fait gentiment flipper, un peu comme si un bâtiment d’Eurodisney s’était incrusté
au milieu d’un bled de banlieue parisienne. Mon gros prof roux nous a raconté comment ça avait changé. Comment le bâtiment avait du être classé complètement à l’arrache comme
patrimoine pour éviter de se faire raser, comment des sièges sociaux remplissaient maintenant une usine vide de toute sa machinerie, remplacée par des petits bureaux bien proprets. Il nous
racontait le contraste particulièrement trash qu’il y avait dans cette usine ouverte au public seulement pendant les journées du patrimoine, où se rencontraient pour l’unique fois de l’année les
anciens ouvriers qui venaient là et tentaient de lui vendre des casquettes du tour de France portant l’inscription nostalgique de Meunier, croisant au fil des espaces des costards noirs et des
oreillettes bluetooth. Il nous racontait la sensation qu’il avait d’être en train de vivre un Belphégor en direct ou le retour des fantômes du travail à l’usine. Il nous a dit qu’aujourd’hui on
savait pas trop quoi foutre de ces bâtiments, alors on en faisait des lofts, des sièges sociaux, des salles d’exposition. Je me suis souvenue qu’au début de l’année j’avais bossé à la sucrière,
un lieu d’expo de la biennale d’art contemporain, que les putes qui en peuplaient le voisinage s’étaient faites évacuées pour faire propre et que je trouvais ça moralement douteux. Dans la
sucrière il y restait seulement les grands toboggans qui servaient à faire descendre les sacs de sucre d’un étage à l’autre, et j’ai passé beaucoup de temps à me planquer derrière pour ne pas
travailler. Tout ça pour dire que mon prof est un salaud de gauchiste, mais d’autant plus que je fais partie de ses homologues salopes, j’adore écouter ses histoires qu’il raconte quand même
vachement mieux que moi.
par souen
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-Mais elle est née quand elle ? En 14 ? Ou en 16 ?
-Boarf j’en sais trop rien, quelque part par là.
-Tu lui as amené quelque chose toi ?
-Qu’est ce que tu veux que je lui amène elle est sous oxygène.
-Ah, j’y avais pas pensé. Mais je savais qu’il c’était passé quelque chose. Il m’a appelé ce matin. Il m’appelle jamais le matin. Tiens Il y avait pas une clinique là ?
-Si mais elle a fermé. Je devais aller y faire une radio du pied. Mais elle a fermé.
-Qu’est ce qu’il a ton pied ?
-Ba toujours la même chose. Je te l’ai déjà dit.
-Ah, j’ai du oublié. Mes enfants ils arrêtent pas de me dire comme toi « mais si on te l’as dit » et je leur répond que j’ai oublié et qu’ils ont qu’à s’accommoder de la situation.
-Au moins ça fait de la conversation. Viens, c’est le prochain arrêt il faut se lever tant que le tramway ne bouge pas.
Après en attendant mon bus, j’ai vu passer un camion d’oxygène liquide pour la première fois de ma vie et un monsieur en jogging mauve, jaune, vert et rouge pour la première fois depuis mes 14
ans.
par souen
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Dans une petite boite carrée qui produit des sons et des images, ou sur du papier non recyclé, j’ai beaucoup (oui je vais pas dire « on », je sais pas ce que vous faites de vos journées
et puis je si commence à parler pour les autres on n’est pas rendus. Enfin je suis pas rendue. Un truc comme ça quoi), donc j’ai beaucoup entendu des gens divers et variés relancer le débat sur
l’euthanasie. Oui je sais je parle de trucs à priori pas drôle mais d’une part je suis chez moi, d’autre part j’y parle de mon petit quotidien de nénette lambda et il va bien s’avérer que un jour
de mon petit quotidien lambda je passerai l’arme à gauche. Bref ces quelques justifications passées afin de faire saisir à mon large public que je ne suis ni dépressive ni une gothique frustrée
qui n’a que le mot « mort » à la bouche, j’aurais bien voulu apporter mon petit mais alors tout petit grain de sel à l’édifice, sachant qu’il s’agit d’une question au moins épineuse
sinon taboue.
Juste glisser un petit mot, qui restera certes dans la confidence de la poignée de gens qui lisent ça mais c’est mieux que rien, pour signaler en passant que je trouve
parfaitement logique dans un monde civilisé de revendiquer le droit à mourir en vie. Je veux dire mourir quand les forces vives qui t’animent prennent le large et pas quand elle se sont tirée
depuis plusieurs mois.
Parce que je ne sais pas si récemment l’un d’entre vous s’est rendu dans une maison de retraite, dans un service de gériatrie ou dans tout autre endroit où l’on parque nos
vieux à défaut de savoir quoi en foutre. Ce que j’en retiens, à quelques exceptions près, c’est que la plupart d’entre eux sont déjà mort. Mentalement je veux dire. En dehors des maladies et des
infirmités qui découlent de la vieillesse il y règne l’absence de vie de ceux qui n’ont plus qu’à attendre la mort. D’ailleurs je parle de vieux, mais ça n’arrive pas qu’aux vieux d’ailleurs. Une
certaine Chantal n’avait plus que ça à faire dernièrement. Poireauter en attendant la faucheuse.
Tout ça pour dire qu’il ne me parait pas logique de mourir alors qu’on est déjà mort moralement, socialement, psychologiquement… et pas d’être dans la position inerte de
l’attente désespérée. Je me représente ça comme une sorte de décalage bizarre entre le son et l’image. Ça serait plus rationnel de crever à l’instant même ou on arrête d’être
en vie dans sa tête non ? De mort violente de préférence, d’une part pour le théâtre, d’autre part pour que les embaumeurs ne se retrouvent pas tous au chômage.
Ahah, voilà j’ai réussi à plomber l’ambiance. Trop forte la souen. Pour ceux qui auraient à me reprocher que ma pensée est schématique je leur répondrais que oui, qu’il est
difficile de ne pas l’être lorsque l’on parle de quelque chose auquel on est rarement confronté mais que ça empêche pas d’essayer de s’exprimer. Et pour un truc un peu plus léger revenez demain.
Ou pas.
par souen
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