Mercredi 7 mai 2008

    J’arrive pas à dormir. Pourtant je viens de m’envoyer les cent premières pages des aventures de l’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, mes yeux sont tout brûlants et mes jambes lourdes de m’être foutue dans des positions pas possible juste pour pouvoir lire et fumer en même temps, le tout en gardant le bouquin à distance respectable et le cendrier à un endroit où il ne pourrait pas se renverser par mégarde. D’ailleurs en parlant des jambes endolories, elles ont été tirées au sort par un institut de beauté du quartier pour se faire masser leur gueule dans une semaine. C’est la première fois de ma vie que je vais mettre les pieds dans un endroit pareil et je me demande si je vais passer une heure à me demander ce que je fous là ou me dire que le jour où je serais riche j’y retournerais avec un plaisir intense. Bref, mes gambettes appréhendent. Mais pour l’instant ça va, elles ont la pêche, toutes emmitouflées qu’elles sont dans un costume de personnel hospitalier qui leur va comme un baggy. Autrement dit, elles s’y sentent comme chez mémé. En plus ce pantalon volé a du voir un max de culs au cours de son existence, de toute formes et de toutes tailles, avec ou sans poil, voire des tatoués, il est même passé par des kilomètres de bras de blanchisseurs et si il faut il a peut-être assisté à la pose d’un anus artificiel. Il y a peu de futals qui peuvent en dire autant. Ça doit être devenue une idole dans mon placard je suppose, et quand il est propre et plié il doit passer des nuits entière à raconter sa vie fabuleuse. Ou sinon c’est un connard et vu qu’il a eu une vie fantastique il méprise mes pyjamas Tati. Ou il se tape sur la gueule avec le tee-shirt de Mao pour savoir lequel a eu l’existence la plus funky et du coup prendre le pouvoir dans le placard. A part ça mes gambettes en ce moment elles crèvent d’envie de s’acheter une robe dans laquelle elles seraient sublimes, où elles ressembleraient à des vrais jambes de fille qui auraient un peu fait le Vietnam d’accord, mais des vrais jambes de fille quand même. Mais les gambettes elles vont plutôt utiliser les trente euros que couteraient la robe pour aller faire un tour du côté de Montpellier même si elle préfèreraient subir une opération à cœur ouvert pratiqué par un mécano homme-tronc qui a même pas son CAP plutôt que retourner là bas pour l’instant. Mais bon c’est comme l’anniversaire du président, on a beau pas avoir envie que ça arrive, on a pas le choix. Tu ne comprends rien à ce que je raconte petit lectorat adoré ? Et bin arrête de te plaindre sinon je commence à te raconter mes problèmes hormonaux et après t’auras tellement envie de chialer ta grand-mère que tu préfèreras te rouler dans des orties plutôt que de lire la suite de ce que j’ai à dire.
    Ceci étant dit, cette nuit j’ai rêvé que j’étais dans un supermarché à quéquettes. C’était cool.

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Dimanche 4 mai 2008






Voilà ce week-end nous avons créé le plus beau bar de la galaxie, agacées que nous étions de la tristesse du meuble dans lequel nous allions piocher notre alcool. Oui, ma coloc' et moi même nous sommes des gens particulièrement créatifs et qui avons passé le plus beau samedi soir sur la terre pour ne plagier personne, à fabriquer de superbes penis de feutrines pour les agencer sur du mobilier Marie-Antoinette. Nous avons ainsi donné naissance à ce bar du goût le plus sûr, que nous avons sobrement nommé le "meublabite".
Je sais vous êtes trop jaloux, mais vous passerez boire un coup à la maison pour pouvoir le carresser, je suis pas possessive vous savez.

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Mercredi 30 avril 2008
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-Dis, dis Tatie Souen Souen, c’est quoi un bourreau ?
-Lis Hurlevent et tu le sauras petit.
-Et ça veux dire quoi la torture psychologique Tatie Souen Souen ?
-Lis Hurlevent et tu le sauras petit.
-Et la maltraitance dans tout ça Tatie Souen Souen ?
-Tout est dans Hurlevent petit.
-Alors Tatie Souen Souen, ça veut dire qu’il y a pas d’histoire d’amour passionnelle dans Hurlevent?
-Au contraire petit, tout vient de là.
-Mais du coup, Tatie Souen Souen, ça fait rêver Hurlevent ?
-Et bien non petit. Ta Tatie en a même fait des cauchemars.
-Alors ça veux dire que c’est pas cool Hurlevent Tatie ?
-File dans ta chambre petit con, tu comprends rien à rien et tu m’emmerdes avec tes questions.


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Lundi 28 avril 2008

    Il est 01h45 un samedi soir quelque part genre vers Lyon et dans ma maison tient. Mais avant ça on a chanté Bohemian Rapsody dans un bar et tout le monde était content, et tout le monde d’ailleurs s’en est contenté. Pas moi. Hurler des refrains ultra connus en yahourtant gaiment ne me suffit plus. J’ai envie d’une partie de jambes en l’air kusturikienne comme je n’en ai connue qu’une seule fois dans ma vie, et de me réveiller avec une migraine terrible en me demandant si les lunettes de l’alcool et de la nuit seront encore posées sur le nez de mon partenaire pour que je puisse afficher ma déchéance physique en toute quiétude. Mais ça sera pas pour ce soir. Tant pis. Je me dis que j’ai du boulot et que si je n’ai pas ma gueule de bois à combattre, ça sera toujours ça de moins à supporter. Une fille m’a dit que je ressemblais à Catherine Ringer ce soir. Je sais pas trop comment je dois le prendre alors je le prend pas. Je n’ai pris ni Janis Joplin, ni l’oncle Fétide, ni Galabru, ni Balasko, ni la fille aux tortues d’Arizona Dream. Je vois pas pourquoi ça changerait aujourd’hui.
    Sur le chemin je me dit que merde à la fin, ma jeunesse ferait une super mauvaise série télé. A quand ma révolution sexuelle ? Vu comme c’est parti, ça aura probablement lieu quelque part dans une maison de retraite. Au moins ça sera rock’n’roll pour de vrai. Je me sauve dans le bus sans dire au revoir à personne, lançant mon éternel et vide de sens « love sur vous ».  Je croise les grosses poutres qui soutiennent les façades qui ont explosées vers chez moi, puis les fondations d’un bâtiment en pleine construction. Je me demande ce que ça peut bien vouloir dire tout ça puis je réalise que c’est un questionnement beaucoup trop con pour ne pas m’être suggéré par un excès de Corona. Je remonte la fermeture éclair de ma veste, m’enroule dans un poncho et détache ma moumoute pour essayer de disparaitre, juste pour le quart d’heure de ligne droite qu’il me reste à parcourir pour atteindre mon lit.  Je hais cette ligne droite. Interminable. Et toutes les rues qu’elle croise sont parfaitement parallèles. C’est insoutenable d’exactitude. A Montpellier c’est très différent. Tout y parait aléatoire et fabriqué d’un amas de petites ruelles qui ne t’amèneront jamais au même endroit pour peu que tu y mettes du tiens.  L’angle droit ne laisse pas la place à toutes les merveilles de l’incertitude, alors je me dis que finalement New York c’est peut-être pas pour moi. J’irais en Irlande.
    Pour l’instant j’ai pas envie de rentrer chez moi parce que je sais que ma coloc’ aura emporté sa boite magique pleine de substances illicites et que j’ai pris soin de vider ma réserve d’alcool avant de sortir. Je me demande aussi à qui je vais envoyer mes sms alcoolisés en sachant pertinemment que ce n’est qu’un questionnement rhétorique, pour me faire croire à moi-même que je suis pas quelqu’un de prévisible. Surement au damoiseau qui a fait la grossière erreur d’ouvrir sa porte à mes angoisses, porte dans laquelle je me suis engouffrée avec la délicatesse d’un pachyderme dans un magasin de porcelaine. Il me reste que ça à faire de toute façon.
    Ça y est, un sms et une cigarette plus tard je suis chez moi. La teigne qui me sert d’animal de compagnie, qui passe normalement ses journées à me mépriser, me ronronne dans les pates et exprime soit de la tendresse à mon égard soit son incapacité à différencier sa maîtresse d’une croquette géante. Peut importe ma chérie, prend ce qu’on te donne et gratouille lui le menton ça lui fait plaisir. Après quelques caresses, affectueuses d’un côté et tactiques de l’autre, chacun retourne dans son panier respectif pour tenter de passer la nuit la plus longue possible. Ou d’y lire un tas de mangas. Ou d’y regarder passer les mouches.

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Samedi 26 avril 2008

Il est encore deux heures du matin alors que j’ai décidé de me coucher à minuit. Mais voilà, j’ai eu plein d’idées et de théories fumeuses sur mon avenir en tant que maman, parce que oui un jour je serais maman. Avec ou sans un homme là n’est pas (encore) la question. Vu que je serai une mère fabuleuse, ça personne n’en doute, j’ai un kilo de théories merveilleuses qui se sont encore vues augmentées ce soir par la fabuleuse découverte, au fil des liens, d’un body à crâne, parce que mon enfant n’aura pas des lapins partout. Je refuse les lapins pour mon enfant. Il n’y a rien de plus insipide qu’un lapin, sauf en civet mais c’est une autre histoire. Bref avec ce sublime imprimé crânien j’ai eu ce soir l’illumination : un berceau galion ! Oh génie créatif que je suis. Bien sur vu que je me débrouille aussi bien en sculpture qu’en vivisection je demanderai à ma môman de s’en occuper. D’ici là elle sera à la retraite et elle s’ennuiera, du coup avec un peu de chance elle aura que ça à faire. Je me renseignerai quand même d’ici là sur la période où on peut prendre son enfant pour une poupée et lui faire porter des trucs pirates sans le traumatiser. Sinon j’ai découvert un autre sublime imprimé crânien à la télé, comme quoi la lobotomie peut des fois être utile. Des fois seulement.



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A part ça, photoshope est une pute qui a découvert qu'il était cracké et du coup il veut plus marcher alors je peux pas vous faire un truc rigolo avec des smiley funky autour de ces deux accessoirs géniaux. Monde de merde quand même
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Vendredi 25 avril 2008

-une mère cancéreuse qui ramasse et stock des squelettes et autres cadavres d’animaux de toutes sortes pour en faire des œuvres
-un père photographe raté, RMIste et alcoolique
-un frère dealer qui ramenait des flingues à la maison
-une sœur qui commence toute ses journées par un pétard
-plus d’un tiers de mes amis homosexuels
-une qui a fait plusieurs tentatives de suicides suivies d’au moins autant d’internement en HP
-un transsexuel
-une punk à chien sous LSD
- une journaliste de pêche sous-marine
-une alcoolique repentie
-un clown accordéoniste

Sur ce petit résumé autobiographique particulièrement condensé et donnant un vague aperçu du répertoire psychiatrique qui m’entoure, une damoiselle que je connaissais depuis une heure en déduit alors que je devais être un être particulièrement mature et prompt à prendre du recul sur toute situation.

J’ai pas su quoi répondre sur le coup à part qu’elle se fourvoyait grandement. J’aurais du lui faire un second synopsis de mon existence vu sous un autre angle. Un truc dans ce goût :

-il y a une affiche de Tokyo Hotel encadrée dans mon entrée
-je voue un amour inconditionnel à un homme imaginaire
-j’ai arrêté des études géniales juste parce que j’estimais que j’avais pas de couilles
-je rote en public
-je suis incapable de me retenir de parler de poils à mes rencards juste pour tester la pudibonderie des gens
-je dors avec un tigre en peluche de plus d’un mètre pour tenter de pallier la solitude nocturne
-j’ai peur des pommes
-si (ou plutôt devrais-je dire comme) j’ai pas de mec d’ici mon anniversaire mes potes vont m’offrir un vibromasseur
- je donne des noms à mes objets

Voilà, juste pour dire que la maturité c’est quand même un truc très relatif et que les raccourcis c’est pas forcément ce qu’il y a de mieux même si ça m’amuse beaucoup.
Love sur vous mes enfants.

par souen publié dans : nimp
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Jeudi 24 avril 2008
...j'étais quelqu'un de très cool qui trainait avec d'autres gens très cool, qui avaient écrit au tipex blanc sur leur sac à dos "nique les conséquences", tandis que moi j'arborais fièrement, sur mon sac orange magique, cet emblème de rebellitude absolu:


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Par contre je l'ai vite enlevé parce que ça s'accroche partout quand même.
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n'importe quand

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